La question « la femme que j’ai vue passer » ou « la femme que j’ai vu passer » revient souvent dans les discussions de grammaire française. Pour trancher, il faut examiner le rôle du complément d’objet direct et la relation entre le participe passé et l’infinitif qui suit. En pratique, l’accord du participe dépend de qui accomplit l’action exprimée par l’infinitif : si le COD placé avant le verbe effectue l’action, on accorde ; sinon, on laisse le participe au masculin singulier. Ce point, lié au verbe voir dans les exemples usuels, est une petite pierre d’achoppement pour les apprenants mais se mémorise facilement avec des exemples concrets et quelques règles simples. Voici donc une présentation didactique, nourrie d’exemples et d’exercices pratiques, pour que cette nuance d’orthographe devienne définitivement familière.
Règle essentielle : accord du participe passé suivi d’un infinitif
Lorsque le participe passé est conjugué avec avoir et suivi d’un infinitif, il doit être accordé avec le complément d’objet direct placé avant lui seulement si ce COD fait l’action exprimée par l’infinitif. Autrement dit, le participe s’accorde si le COD est aussi le sujet de l’infinitif.
Avant de lire : testez votre intuition
Laquelle de ces deux formes vous semble correcte ?
La femme que j’ai…
Exemple classique : « La femme que j’ai vue passer » — la femme a accompli l’action de passer, donc vue prend un e. En revanche, « La femme que j’ai vu peindre » signifie que quelqu’un d’autre la peint; elle ne réalise pas l’action, donc vu reste invariable.

Analyse grammaticale pas à pas
Commencez par repérer le COD et l’infinitif. Demandez-vous : « Est-ce que le COD réalise l’action de l’infinitif ? » Si la réponse est oui, accordez le participe passé en genre et en nombre.
Pour approfondir la manipulation des pronoms et repérer le COD, consultez un rappel utile sur les pronoms relatifs essentiels, qui vous aidera à identifier correctement le complément précédant le participe.
Exemples pratiques, pièges fréquents et repères
Voici des cas concrets souvent rencontrés dans les copies et les messages professionnels. Chaque exemple illustre si l’accord est nécessaire ou non, avec une courte explication.
- La chanson que je l’ai entendue chanter — accord : la chanson ne chante pas, entendue reste invariable ici (phrase incorrecte en soi ; mieux : « La chanteuse que je l’ai entendue chanter. »). Insight : vérifiez qui est l’agent de l’infinitif.
- Les enfants que je les ai entendu crier — accord : si les enfants crient, on écrit « entendus crier ». Contrôlez le sujet de l’infinitif.
- La lettre que j’ai voulu envoyer — pas d’accord : la lettre n’a pas voulu envoyer ; le verbe d’intention porte l’action.
| Phrase | Qui réalise l’infinitif ? | Accord du participe |
|---|---|---|
| La femme que j’ai vue passer | La femme (elle a passé) | vue (accord) |
| La voiture que j’ai voulu acheter | Je (j’ai voulu acheter) | voulu (pas d’accord) |
| Les étudiants que j’ai entendu chanter | Les étudiants | entendus (accord) |
Conseils pratiques pour retenir la règle
Pour fixer cette règle, entraînez-vous avec des phrases tirées de la vie professionnelle ou scolaire : comptes-rendus, rapports, phrases courtes que l’on rencontre en entretien. La répétition contextualisée aide à automatiser le bon usage.
Quelques astuces pratiques :
- Repérez d’abord le COD avant de toucher à l’accord.
- Posez la question : « Qui fait l’action exprimée par l’infinitif ? » Si c’est le COD, accordez.
- Comparez avec des phrases alternatives pour clarifier le sens (ex. remplacer l’infinitif par une tournure conjuguée).
- Consultez des exercices guidés sur le passé composé et ses accords pour pratiquer pas à pas.
Applications en contexte : rédaction et correction rapide
Dans un CV, un rapport ou un courrier professionnel, cette nuance peut changer la clarté et la crédibilité de votre texte. Appliquez la règle systématiquement lors de la relecture, en soulignant le COD et en vérifiant l’agent de l’infinitif.
Un dernier repère : face à un doute persistant, reformulez la phrase pour rendre explicite le sujet de l’infinitif ; la reformulation révèle souvent si l’accord est requis. Cette méthode fonctionne bien lors des corrections rapides en entreprise ou pour préparer une soutenance.
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