Choisir une voie après le PASS, la LAS ou le LSPS, c’est souvent sentir à la fois l’excitation et la pression de décider de sa vie professionnelle. Beaucoup d’étudiants, comme Léa que j’ai accompagnée l’an dernier, hésitent entre la médecine, le paramédical et d’autres formations santé tout aussi utiles au secteur médical. Les classements, les années d’études, les opportunités professionnelles et même le futur niveau de vie entrent en ligne de compte. Derrière ces choix se dessinent pourtant des carrières en santé très variées, du cabinet libéral au laboratoire de recherche. Ce panorama propose un regard clair sur les débouchés après PASS, LAS et LSPS, pour vous aider à bâtir une orientation professionnelle cohérente avec vos envies, vos forces et votre réalité quotidienne.
PASS, LAS, LSPS : trois portes d’entrée vers les carrières en santé
Les trois dispositifs actuels – PASS, LAS et LSPS – mènent tous à des formations santé sélectives, mais selon des logiques différentes. Le PASS s’articule surtout autour d’enseignements de santé renforcés par une mineure dans une autre discipline, alors que la LAS repose d’abord sur une licence classique (sciences, droit, psycho, etc.) complétée par une option santé. Le LSPS, lui, est pensé comme une licence scientifique orientée santé, avec une forte coloration biomédicale.
Dans la pratique, ces trois parcours conduisent aux mêmes filières sélectives de deuxième année (médecine, pharmacie, odontologie, kinésithérapie, maïeutique), à condition de valider son année et d’obtenir un bon classement. Le grand changement par rapport à l’ancienne PACES, c’est l’existence de véritables issues de secours : en cas d’échec, on ne repart pas de zéro, on poursuit en licence, on se réoriente vers d’autres études ou vers des métiers du social, par exemple via une formation sanitaire et sociale.
Pour un étudiant comme Léa, qui doutait de son projet médical, la LAS a ainsi permis de continuer en psychologie tout en gardant un pied dans le secteur médical, avec la possibilité ultérieure de viser l’IFSI ou des concours paramédicaux. Cette souplesse fait de la première année de santé non plus un « tout ou rien », mais la première étape structurante d’une trajectoire vers les carrières en santé.

Panorama des débouchés MMOPK après la première année
Une fois la première année validée, les étudiants se répartissent vers les cinq grandes filières dites MMOPK : médecine, maïeutique (sage-femme), odontologie (dentaire), pharmacie et kinésithérapie. Le choix se fait selon le classement et les vœux, mais aussi, très souvent, selon la manière dont chacun se projette au quotidien dans la relation au patient, la technicité des gestes ou l’attrait pour la recherche.
Pour clarifier les différences, le tableau suivant synthétise la durée moyenne des études et quelques caractéristiques majeures des principales voies après PASS, LAS et LSPS :
| Filière après PASS / LAS / LSPS | Durée totale d’études après le bac | Type principal d’exercice | Forces et profils qui s’y épanouissent |
|---|---|---|---|
| Médecine | ≈ 9 ans minimum pour devenir médecin généraliste (plus pour une spécialité) | Hôpital, cabinet libéral, centres de santé, santé publique, recherche | Goût du long terme, sang-froid, appétence pour la complexité et la responsabilité |
| Pharmacie | 6 à 9 ans selon la spécialisation (officine, industrie, biologie, hôpital) | Officines, hôpitaux, laboratoires, industrie pharmaceutique | Intérêt pour les molécules, la rigueur, la prévention et le conseil au public |
| Odontologie (dentaire) | ≈ 6 ans (plus en cas de spécialisation en orthodontie, chirurgie orale…) | Cabinet dentaire, centres de soins, hôpital, enseignement | Précision manuelle, sens esthétique, patience, relation de confiance avec le patient |
| Maïeutique (sage-femme) | ≈ 5 ans | Maternités, cabinets libéraux, centres périnataux, PMI | Empathie, calme, goût pour l’accompagnement des femmes et des nouveau-nés |
| Kinésithérapie | ≈ 5 ans | Cabinets, hôpitaux, centres de rééducation, clubs sportifs | Aisance corporelle, observation, contact humain, motivation à voir les progrès concrets |
Chaque colonne du tableau raconte, en filigrane, un rythme de vie et un rapport différent au soin. L’essentiel est de relier ces réalités à votre tempérament, plutôt qu’à un prestige perçu de l’extérieur.
Études de médecine, pharmacie, dentaire : des trajectoires médicales aux multiples issues
Pour beaucoup, la médecine reste le graal après PASS ou LAS. Le cursus s’étale sur environ neuf années, ponctuées d’enseignements théoriques, de stages cliniques et d’un examen national qui détermine le choix de spécialité. Entre les gardes, les premières consultations supervisées et la confrontation à la souffrance, les étudiants réalisent rapidement que le métier dépasse largement l’image véhiculée par les séries télévisées. L’intérêt de cette voie réside aussi dans la diversité des issues : médecine générale, urgences, psychiatrie, anesthésie, santé publique, recherche clinique, humanitaire, etc.
Beaucoup ignorent toutefois que les études médicales ne conduisent pas uniquement au cabinet de généraliste. Il existe une grande variété de fonctions en entreprise, en institutions publiques ou à l’international. Pour les curieux, un panorama détaillé des différentes carrières accessibles après des études de médecine permet de mesurer l’étendue de ces perspectives : direction médicale, expertise, conseil, prévention, voire communication scientifique.
La pharmacie propose, elle aussi, une palette étonnamment large d’opportunités professionnelles. Après un premier cycle commun, les quatre années suivantes orientent vers l’officine, l’hôpital, la biologie médicale ou l’industrie. Un étudiant comme Samir, qui au départ visait la médecine, a découvert en stage d’officine qu’il appréciait particulièrement la gestion des traitements au long cours et l’éducation thérapeutique : il s’est finalement tourné vers la pharmacie hospitalière, trouvant un équilibre entre technicité et travail en équipe.
Odontologie : précision, technicité et relation de confiance
Les études d’odontologie durent environ six ans et se divisent en trois cycles de plus en plus spécialisés. Les premiers semestres mêlent encore sciences fondamentales et enseignements communs aux études de santé, avant une immersion dans la biomécanique dentaire, la pathologie bucco-dentaire et la prothèse. L’étudiant apprend progressivement à réaliser des actes de plus en plus complexes sur simulateurs, puis sur de vrais patients, sous supervision.
Beaucoup de futurs dentistes se dirigent vers l’exercice libéral, mais les hôpitaux, les cliniques spécialisées, la recherche et l’enseignement complètent le paysage. Certaines surspécialisations, comme l’orthodontie ou la chirurgie buccale, demandent une solide résistance mentale et une grande habileté manuelle. Pour ceux qui s’interrogent sur le confort matériel, il peut être utile d’avoir un aperçu du salaire moyen en France afin de situer les revenus de ces professions par rapport aux autres cadres de niveau bac+5 ou plus.
Au-delà des chiffres, la clé reste cependant l’adhésion profonde à la dimension artisanale et relationnelle du métier : travailler au millimètre près, sur un espace minuscule, en rassurant un patient parfois très anxieux, exige une patience que tous n’ont pas forcément.
Maïeutique, kinésithérapie et paramédical : d’autres opportunités professionnelles en santé
À côté de la médecine, les filières de maïeutique et de kinésithérapie offrent des opportunités professionnelles souvent plus rapides d’accès, tout en restant exigeantes. Devenir sage-femme nécessite environ cinq années d’études après le bac. Les étudiants sont formés à accompagner les femmes avant, pendant et après la grossesse : suivi prénatal, préparation à la naissance, accouchement, retour à domicile et conseils en allaitement ou contraception. La profession évolue vers davantage d’autonomie, avec un champ de compétences élargi et des possibilités de pratique en libéral.
La kinésithérapie, elle aussi sur cinq ans, se situe à la croisée de la science du mouvement et du soin relationnel. Les futurs kinés apprennent à évaluer les troubles musculo-squelettiques, à construire des protocoles de rééducation et à utiliser un vaste éventail de techniques : exercices, massages, mobilisations, balnéothérapie, etc. Certains se spécialisent ensuite en neurologie, en pédiatrie ou en rééducation sportive, en France ou à l’étranger. Pour ceux qui envisagent de contourner la très forte sélectivité française, il existe même des comparaisons de parcours, comme l’étude comparée pour devenir kinésithérapeute via la Belgique ou la Pologne.
Autour de ces filières phares gravitent de nombreux métiers du paramédical accessibles après réorientation : infirmier, manipulateur radio, ergothérapeute, psychomotricien, accompagnant éducatif et social, moniteur-éducateur, assistant de service de santé au travail, etc. Ces voies, parfois moins mises en avant dans les salons d’orientation, n’en restent pas moins essentielles au fonctionnement quotidien du secteur médical.
Exemples de parcours paramédicaux après une réorientation
Lorsqu’un étudiant ne valide pas son entrée en deuxième année de santé ou réalise que la voie médicale classique ne lui convient pas, il dispose d’un éventail de solutions réelles et concrètes. Voici, à titre d’exemple, quelques options que j’ai souvent vues choisies par d’anciens étudiants de PASS ou de LAS :
- IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) : formation en trois ans, alternant cours et stages, menant au diplôme d’infirmier, avec ensuite des spécialisations possibles (anesthésie, bloc opératoire, puériculture).
- Diplômes d’État du social : comme le DEAES ou le DEME, permettant de travailler au plus près des publics fragiles (personnes âgées, handicap, insertion), avec une forte complémentarité avec les équipes soignantes.
- Formations sanitaires et sociales diverses : secrétariat médical, coordination en santé, assistant de service de santé au travail, qui offrent une porte d’entrée administrative ou éducative dans les structures de soins.
- Licences universitaires orientées santé : psychologie, sciences de la vie, STAPS, qui peuvent ensuite mener vers la recherche, la prévention ou des concours spécifiques.
Ces itinéraires ne sont pas des « plans B » au rabais mais des voies à part entière, souvent plus alignées avec la personnalité de ceux qui les choisissent. Ils permettent de rester au cœur des carrières en santé, mais avec un rapport différent à la responsabilité, aux horaires et au travail en équipe.


